14 octobre 2007

Autumn Ball (FNC)

Mon Festival du nouveau cinéma a commencé hier par
Autumn Ball

Sélection Internationale - Louve d'or
Veiko Ounpuu
Estonie

Un film estonien, en aviez-vous déjà vu ? Pas moi. C'est le tout premier intérêt de ce long long métrage - il dépasse les deux heures - filmé dans une banlieue grise : Lasnamäe. Des grands immeubles blancs sans caractère (si ce n'est celui du soviétisme) monopolisent l'horizon. Sous la caméra de Veiko Ounpuu (photographiquement remarquable), les terrains vagues jonchés d'immondices deviennent des plages superbes, et les flaques d'eau boueuse reflètent mille trésors. C'est l'automne, et l'on a froid pour les habitants de ces logements sans doute sociaux. Une mère et sa fille vivent seules, harcelées par un mari saoul et une poignée d'hommes en manque d'amour. Deux couples se déchirent dans l'alcool; un portier tombeur de femmes voit naître en lui l'ambition de se sortir de sa condition. Les personnages se croisent sans se connaître, ayant pour point commun leur lieu de vie si terriblement gris qu'il semble déteindre sur leur moral. Leurs solitudes sont immenses, malgré leur entassement. Eux qui essayent sans relache de trouver le moyen de vivre doucement : "Regarde toutes ces fenêtres illuminées, derrière chacun d'entre elle il y a un être qui tente d'être heureux" dira l'écrivain à son amour revenu.

Malgré tout l'on rit, noir ou jaune peut-être, mais l'on rit. Autumn Ball est aussi drôle qu'il est déprimant.