12 mai 2008

Petites histoires avec un chat dedans (sauf une)


Souvent, les premiers romans québécois qui m'arrivent en copie de presse, matelassés dans leurs enveloppes, je les ouvre puis les referme pour toujours, 10 pages plus loin. C'est en général encore pire quand il s'agit de nouvelles.

Avec Véronique Papineau, il m'a fallu deux lignes pour savoir que j'irai jusqu'au bout de la première histoire ; deux paragraphes pour lire le livre en entier ; deux pages pour me promettre que j'achèterai même fauchée sa seconde publication.

Cette jolie blonde aux allures de Bridget Jones m'a fait redécouvrir le goût de tenir un livre et de ne plus le lâcher, de relire plusieurs fois des phrases pour consommer le papier moins rapidement, de savourer leur rythme, d'abimer la couverture du bouquin pour l'avoir trainé pendant quelques jours, un peu plié, dans mon sac à main.

Véronique Papineau est mon Aude Picault version littérature. Merci les filles.

Invitée ce matin à La Queue de la Poire, on peut écouter l'entrevue avec Véronique Papineau ici.

Petit extrait de Petites histoires avec un chat dedans (sauf une):

" Quand tu m'as vu, seul les mains dans les poches, sans laisse, sans Bernard, sans sourire, tes yeux se sont instantanément remplis d'eau. Je t'ai raconté pour le cambriolage chez moi, pour la porte arrière défoncée, pour mes recherches infructueuses, pour mes appels désespérés à la fourrière, pour mes affiche dans toute la ville, je t'ai même dit pour mes salades à propos de cette supposée fille qui m'empêchait de venir te voir.
Tu m'as alors dit que tu avais beaucoup de chance. que tu étais triste, mais pas malheureux. Qu'il ne fallait pas s'en faire pour Bernard, que ce qui comptait c'était l'amour et que tu comprenais maintenant la belle histoire, rare et précieuse, à laquelle tu avais droit. Que tu ne regrettais absolument rien.
J'ai d'abord pensé que tu délirais à cause de tes pilules trop fortes.
Ensuite, j'ai pensé que tu parlais de Bernard.
Ce n'est que plus tard cet après-midi là, en allant chez toi récupérer ton courrier, que j'ai saisi : tu parlais de nous deux. "