25 juillet 2008

T'aimes ça, toi ?


Je ne sais pas si en approchant de leur quart de siècle mes oreilles deviennent plus difficiles, ou si la programmation musicale du vingtième cru de Dour laissait à désirer... Mais même si j'ai dansé trois belles soirées, dénouant mes nœuds dans des foules de plus en plus tectoniques - le fluo, le plastique et le doré, ça pogne chez le jeune belge - je garde comme un de mes plus marquants souvenirs un rituel bien huilé entre mon cousin Guillaume et moi-même. "Allez, on va voir ce truc là, sur la scène The Last Arena ?". Cinq minutes passent. L'un se retourne vers l'autre : "T'aimes ça, toi ?". Et on se casse vers une autre scène.

Par contre, pour ce qui est de l'ambiance à la woodstock, on ne fait pas mieux qu'à Dour, surtout quand il pleut. Ma colocataire Constance qualifie l'événement de festival le plus crade du monde. Habillés en sac poubelle, ceux qui envahissent le camping - 30 000 par soir, l'équivalent d'une jolie petite ville - ne quittent leurs tentes, ou leurs restants de tente, ou leurs bâches, qu'avec une bouteille de plastique remplie de vodka ou de pastis. Et ça marche pieds nus dans la terre. Je vous avoue, je me suis sentie vieillir : dormir là-bas, je ne m'en crois plus vraiment capable. Ma belle chute dans la boue me l'a confirmé.

Certains nous demandent si on a des mot incompréhensible et complètement nouveau à vendre, mais même si on en avait eu, les douaniers qui nous on retourné poches, chaussettes et sacs de couchage à l'entrée de la ville nous les auraient gentiment confisqué. Bon, ça ressemble à une description pas mal commune d'un festival. Mais croyez-moi, j'en ai fait beaucoup, et j'ai rarement vu si trash. (à part une édition lointaine de la Route du Rock, où l'orage et les pommes pourries nous tombaient dessus à chaque heure)

Dour est aussi, me semble-t-il, l'un des festivals en plein air où la bière est la moins chère... (Le 5 dollars du gobelet d'Osheaga me restera longtemps en travers du gosier. A ce prix là, on en mangerait son verre.)

Peut-être que, organisé cette année en même temps que deux autres mammouths des estivités d'Europe - Les vieilles charrues en Bretagne, Benicassim en Espagne - Dour s'est fait volé ce qui aurait pu être de belles têtes d'affiches, ou au moins quelques découvertes originales.
Ou alors je deviens blasée : "Non peut-être", diraient les Bruxellois.

Je tiens cependant à surligner la performance de Foals, qu'on va voir un peu partout dans les mois qui viennent, de Birdy Nam Nam et de ses lumières sympas, de The Notwist qui m'ont étonnement charmée, de Battles (moins bon que les deux premières fois mais tout de même ça reste Battles), de Flying Lotus, de South Central (les seuls parfaits inconnus qui m'ont fait taper du pied sans vergogne) et et et...

De Clark.
Chris Clark.
Ah oui, ça, ça... C'est pour ces moments là que j'aime la musique.