6 décembre 2008

Exposition au CCA : des actions pour s'approprier nos villes

Un texte pour l'ONF.

Cueillir les fruits qui poussent dans le centre de Los Angeles. Installer des parcs temporaires sur des stationnements en louant des parcomètres. Transférer une voie ferrée abandonnée dans Manhattan en un parc linéaire. Planter clandestinement des fleurs sur les îlots directionnels. Louer un troupeau de mouton pour remplacer les tondeuses à gazon en Italie.

Voici quelques-unes des 98 initiatives présentées au Centre canadien d’architecture jusqu’au 19 avril. L’exposition intitulée Actions, comment s’approprier la ville est probablement la plus riche et ludique de celles que j’ai pu voir au CCA. Une centaine d’associations, artistes et urbanistes y sont documentés en photos, vidéos et œuvres diverses. Le but de leur actions est de décorer la ville, d’en détourner les institutions (légalement ou non) de protester contre les inepties de la vie urbaine et de tenter d’y retrouver un coin de nature.

Parmi mes Actions préférées :

Les costumes de l’américaine Sarah Ross, qui permettent de s’allonger confortablement sur des bancs ou des endroits conçus pour que, justement, on ne puisse pas le faire.

Les passages piétons à dérouler de l’allemand Gerhard Lang.

Les tentes en forme de voiture de Michael Rakowitz, pour camper ni vu ni connu en pleine ville.

Les vaches de Cow the udder way qui paissent à Liverpool, et que les habitants peuvent venir traire.

Il faut compter une à deux heures pour faire le tour de l’exposition. Si l’on a encore faim d’idées à puiser, le livre du même nom que l’exposition Actions : comment s’approprier la ville publie quelques présentations de thèses universitaires sur des sujets comme la place du piéton dans la ville, l’agriculture urbaine, l’intégration du jeu dans les quartiers, etc.