8 décembre 2008

Les sommets de l'animation de Montréal

Un billet pour l'ONF.

Les 7e sommets de l’animation de Montréal se terminaient hier soir. Pour la première fois, la cinémathèque a décidé de remettre un prix du public. Les spectateurs devaient donc voter à la sortie de la salle. J’ai porté mon choix sur Skhizein, du français Jérémy Clapin, pour la sensibilité de cette œuvre presque trop touchante. Ce court-métrage de 13 minutes avait déjà remporté le prix du public au Festival international du film d’animation d’Annecy en juin dernier.

Skhizein raconte l’histoire d’Henri, un célibataire d’une trentaine d’année qui, frappé une nuit par une météorite, vit désormais à très exactement 91 centimètres de lui. L’universalité de son propos (l’étrange mélancolie que nous inspire le monde contemporain) et la poésie avec laquelle Henri raconte son histoire pourraient bien pousser le public à choisir ce film, comme cela s’est produit à Annecy. Réalisé à l’ordinateur (2D et 3D), son graphisme est joli, tout en couleurs verdâtres. Je note particulièrement le travail effectué sur la luminosité. Le personnage d’Henri me fait penser aux bonshommes de l’illustrateur québécois Pishier, mais c’est une parenthèse.

Voici maintenant quelques-uns des autres films, parmi mes préférés, qui étaient présentés dans la programmation sommets I et sommets II, et qui, pour leur forme tout au moins, mériteraient eux aussi la distinction.

- Muto, du brésilien Blu. Une animation peinte en graffiti sur des murs extérieurs et intérieurs. Des figures et des insectes s’y transforment et s’y poursuivent. Un exercice vraiment étonnant.

- La sacoche perdue : une animation en marionnettes de bois, réalisée par les français Jean-Luc Gréco et Catherine Buffet. Inspiré d’une fable du Moyen-Âge sur l’honnêteté et l’honneur, La sacoche perdue est un film drôle, mais surtout un film esthétiquement remarquable. Les décors sculptés, ceux de l’église notamment, sont superbes. On peut voir le film ici.

- Retouches, du Suisse Georges Schwizgebel. Ce dernier film de celui qui est considéré comme l’un des plus important cinéastes d’animation contemporain est mon préféré jusqu’à présent. Jeux formels et gracieuses peintures pour 6 minutes de virtuosité esthétique.

- Morana (ordinateur 3D), par le croate Simon Bogojevic-Narath. L’histoire d’un homme qui vit dans un monde fantastique peuplé d’animaux aux allures préhistoriques et improbables (tel un canidé qui vole). Cet homme est frappé de visions cauchemardesques, évoquant sans équivoque la guerre en ex-Yougoslavie. Intriguant, original et fort, bien que là, le graphisme me touche moins.