24 janvier 2009

La Maison close, suite. (ONF)

Un billet pour l'ONF :

Peut-être vous souvenez-vous que je vous avais parlé ici du Festival international de bande dessinée d'Angoulême. Il a lieu la semaine prochaine en France, et ce qui est bien, c'est que l'on a pas besoin d'être sur place pour profiter de quelques-uns des projets créatifs qu'il organise.

Cette année, les président du jury sont Dupuy et Berberian (duo de dessinateurs à l'origine, entre autres séries, de la populaire histoire de Monsieur Jean). Ils ont demandé à un autre duo, Ruppert et Mulot, connus pour leurs expérimentations formelles particulièrement inventives, de prendre en main une exposition à l'occasion du festival. Ces derniers ont détourné l'appel pour mijoter plus qu'une exposition : un projet de création collective entre une vingtaine d'auteurs, diffusé sur Internet, "La maison close".

Ruppert et Mulot ont mis à la disposition des participants les décors dessinées, des accessoires autorisés, puis ont matché filles et garçons par couple. Chacun des auteurs doit faire évoluer son personnage dans l'univers de La maison close. Les filles sont censées jouer les putes, et les garçons les clients. Peggy Adam tient le rôle de la femme de ménage et Lewis Trondheim celui du gardien de sécurité. Le résultat est une sorte de cadavre exquis élaboré, délirant et délicieux (je n'avais rien lu d'aussi réjouissant sur Internet depuis la première saison du faux blogue autobiographique Chicou-chicou)

Il faut lire toutes les histoires pour apprécier les subtilités des interactions entre les auteurs, mais ne ratez pas mon palmarès : la prestation entre Killoffer et Anouk Ricard, celle de Morgan Navarro et Lucie Durbiano, ainsi qu'Émile Bravo en scientifique affolé.

Expérience de bande dessinée dérivée du jeu de rôle et de l'avatar du style Second Life, La maison close prouve que la BD à un bel avenir d'expérimentations sur Internet, à condition, bien-sûr, d'en renouveler toujours les formes et les pratiques.

À surveiller également sur Internet pendant le festival d'Angoulême :

- Les nominations des meilleurs blogues de bande dessinées 2009 (un concours organisé par les éditions parisiennes Vraoum !)

- La troisième édition des 24 heures de la bande dessinée d'Angoulême, dont le but est pour chaque auteur inscrit de réaliser 24 pages de bande dessinée improvisées en 24 heures. On peut suivre l'événement en ligne à partir de mardi (9 heures du matin au Québec) sur le site.