27 avril 2010

Il n'y a plus de trésors

Tu as cru que cela ne te ferait rien d'y aller. Faire des boîtes ? Tu penses, t'en as vu d'autres. Tu voulais fouiller une dernière fois, comme les enfants. Mais t'as déjà trouvé tous les trésors (du Obom jeune dans des vieux Iceberg, des couvertures de Charlie mensuel aux couleurs improbables...). Aujourd'hui, il n'y a plus de trésors : juste des piles de livres abandonnés, des auto-éditions défraîchies (et de quoi auront l'air les tiennes dans dix ans ?), des collectifs qui ne se vendent pas. Des livres mal fagotés, qui vont mourir de leur moche mort, qui feront un tour sur le trottoir des ventes de printemps s'ils sont chanceux, qui finiront dans les bacs de recyclage, détrempés par la neige d'avril, s'ils ne le sont pas.

Des livres qui restent après la bataille. Avec cette impression d'être du côté des perdants. Et ton collègue qui te dit "C'est triste, on dirait que l'indépendant, ça dure un peu... mais juste un temps".

Tu as cru que cela ne te ferait rien ? Et bien tu en pleures.