9 mars 2018

décroissance sexuelle

En 2018, je rencontrerai 24 personnes pour parler de culture du viol, de viol, de guérison collective, de décroissance sexuelle.
Chaque fois nous dessinerons et chaque fois j'en écrirai une phrase pour le tableau lumineux du centre DARE-DARE.
C'est un projet qui me bouscule, j'y cherche mon côté punk et je m'y sens fragile.
Merci à toutes les personnes qui m'ont rencontrée et me rencontreront.


































Mon projet s’inspire des thérapies radicales féministes et collectives, 
qui placent l’échange et la solidarité entre femmes au coeur de la guérison et de l’empowerment.
Je souhaite intégrer le récit de nos expériences personnelles dans la construction d’une pensée politique, publique et artistique.
Le tableau lumineux de Dare-Dare offre une diffusion idéale pour provoquer la friction entre privé et politique qui est chère à mon féminisme.

 Mon thème de travail actuel s’articule autour de la définition de la guérison,
considérée individuellement mais surtout collectivement, dans un contexte de culture du viol.
Ma pratique du dessin et de l’écriture sont des outils performatifs dans le processus de guérison que j’explore: 
l’association de mots et d’images sortant d’une même main permet de réconcilier la dissociation à l’œuvre dans les traumatismes.
Je les utilise comme une « technique de
 soi » (Foucault, 1988) mais aussi pour prendre soin de mes lectrices et lecteurs: 
je partage mes expériences dans l’espoir que les gens se sentent moins seuls, et pour reconstruire une idée de communauté.

Lorsque l’on aborde le concept de guérison, la croissance personnelle est un cliché répandu, 
et l’idéologie du néolibéralisme considère l’accomplissement personnel comme l’ultime forme du succès. 
Or, je suis intéressée par l’idée de la décroissance économique comme un moyen de résoudre les problèmes du capitalisme. 
Serait-il possible de construire sur le même principe une idée positive de la décroissance personnelle, et surtout de la décroissance sexuelle, 
afin de repenser notre culture? 
Pour les survivantes de viols et d’agressions (une femme sur trois, selon les chiffres officiels canadiens), 
la libération sexuelle pourrait aussi être une libération du sexe.